© christine jean

acides/acids

1999

J'utilisais en guise de négatifs de fines tranches d'agate et des encres réalisées sur supports transparents pour réaliser de sphotographies sans prise de vue du monde réel. Pourtant ce qui se révélait était bien un monde, comme à l'origine, avec ses turbulences et ses failles. Ces expériences m'ont conduite à combiner l'eau, l'encre et les feuilles métalliques de cuivre, d'orv et d'argent, d'une part pour échapper à la surface glacée du support photographique, d'autre part pour effacer tout élément de reconnaissance, par l'érosion, l'attaque : l'acide, utilisé comme une touche de peinture, mordait la surface, les feuilles de cuivre, l'encre, le papier. Il oxydait le métal pour créer des nuances subtiles, des auréoles, des irisations. Le cuivre et l'or réfléchissent la lumière, une lumière intense que je recherchais ; selon l'orientation de la surface, l'éclairage ambiant, les déplacements du spectateur, ces peintures se révèlent changeantes.

 

I used fine slices of agate and drawings made on transparent supports as negatives to produce photos without taking shots of the real world. Nevertheless the pictures revealed a world as the beginning with its turbulences and its weaknesses. These experiences led me to combine water, ink and sheets of copper, gold and silver, on one hand to escape the ice-cold surface of the photographic medium, on the other hand, to erase any element of recognition, by erosion and attack: the acid, used as a touch of paint, bit the surface covered with copper sheets. It oxidized the metal to create subtle nuances, haloes, iridescences. Copper and gold reflect the light, an intense light that I was looking for; according to the orientation of the surface, the ambient light, the movements of the spectator, these paintings turn out to be changing.

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